Itinéraire J’ai grandi dans une famille aisée, une cellule très unie et affectueuse composée de mes deux parents et des parents de ma mère très éprouvés par la disparition de leur fils, mon oncle, déporté et mort à Auschwitz. Bien qu’âgé d’à peine quatre ans à la fin de la guerre je garde certains souvenirs de la période où nous étions cachés dans une ferme près de Rumilly et des années qui ont suivi notre retour à Paris. Il y avait  la  peur présente en particulier lors de la récolte du tabac qui requérait la présence d’un fonctionnaire de Vichy pour contrôler le nombre de feuilles récoltées, il y avait aussi des moments plus détendus comme le battage du blé avec la machine à vapeur.

Parmi les personnes qui ont contribué de manière décisive à notre survie il y avait un  chanoine. Par amitié et reconnaissance après la guerre, mes parents l’invitaient à passer avec nous les mois les plus froids de manière à le préserver des rigueurs hivernales dans la maison de retraite des prêtres Notre Dame de la Visitation à Annecy. J’ai essayé d’obtenir des informations sur son action pour qu’à titre posthume il soit sur la liste des « justes parmi les nations ». J’ai écrit à la visitation et les courriers voir : chanoine.pdf montrent en particulier qu’à sa mort en 1954 la hiérarchie de l’église n’avait toujours pas approuvé son action. LA SUITE....

 

Itinerary I grew up in a prosperous, close knit, affectionate Jewish family. I lived with my parents and my grandparents on my mother’s side. During the Second World War, their son, my uncle, was imprisoned and killed in Auschwitz. This tragedy greatly affected my grandparents for the remainder of their lives. During the war, we were hidden on a farm close to Rumilly in the French Alps. I was only four years old when the war ended, but I do have several memories of this period and the years that followed our return to Paris. I remember how fearful we were of discovery. This was particularly so during the tobacco harvest when a state employee of the (collaborationist) Vichy government was on hand to keep track of the number of leaves collected.  Fortunately, there were also more relaxing moments.  

Many people helped our family survive, but one person who contributed very decisively was a  Roman Catholic   canon.  After the War, out of friendship and gratitude, my parents invited him to stay with us in Paris during the coldest months of the year. This gave him some solace from the rigorous winters in Annecy, where the retirement home of Notre Dame of the Visitation was located. He died in 1954.  Years later, I tried to gather information about his actions during the war, hoping to honor him with a posthumous inclusion on "The Righteous Among the Nations" list.  The resulting correspondence with the order of the Visitation and the text of his funeral service (cf chanoine.pdf) revealed that the Church hierarchy had not approved of his actions during the War. NEXT....