Marc Lefranc (Laboratoire de Physique des Lasers, Atomes, Molécules,
Université Lille 1)

Robustesse et flexibilité de l'horloge circadienne de l'algue
microscopique Ostreococcus tauri


Un grand nombre d'organismes possèdent une horloge circadienne qui
leur permet d'anticiper les changements que l'alternance jour/nuit
induit dans leur environnement. Ces horloges sont construites sur des
réseaux de gènes et de protéines interagissant de manière à ce que
leurs activités et concentrations oscillent avec une période proche de
24 heures. Une ou plusieurs de leurs constantes cinétiques, par
exemple le taux de dégradation d'une protéine, dépendent en général de
la lumière, de telle sorte qu'une horloge circadienne forcée par le
cycle jour/nuit ajuste exactement sa période sur celle de ce dernier.
Cependant l'éclairement par le soleil est fortement variable. Par
exemple la couverture nuageuse peut fluctuer de manière importante
d'un jour sur l'autre. Par ailleurs, la durée du jour varie tout au
long de l'année, du moins sous les latitudes tempérées. Ces
changements prédictibles ou non, rapides ou lents, sont susceptibles
de déstabiliser l'horloge, dont on peut donc penser qu'elle a évolué
pour s'en affranchir. Nous montrerons comment les signaux moléculaires
de l'algue Ostreococcus tauri révèlent une stratégie relativement
simple pour résoudre ce problème.