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Bienvenue sur le site de l'Association Maurice Audin



Actualité



Actualité récente dans les médias

Article de Cédric Villani dans "The Conversation", repris par divers médias (voir aussi Le Parisien plus bas):



Emission sur France Culture : La Fabrique de l'Histoire

Emission sur France Inter : Comme un bruit qui court



Articles parus sur le site Le Parisien le 17 juin 2018

Article paru sur le site de l'Histoire coloniale le 13 juin 2018

Cérémonie

Le lundi 11 juin 2018, l'Association a organisé un rassemblement place Maurice Audin à Paris pour commémorer l'enlèvement de Maurice Audin à Alger le 11 juin 1957. Après le dépôt d'une gerbe, la famille de Maurice Audin et ses avocats ont exposé leurs exigences. Voir la vidéo sur facebook.

Article paru sur le site de l'OBS le 11 juin 2018



Article paru dans El Watan le 6 juin 2018



Articles parus dans L'Humanité le 29 mai 2018



Assemblée générale

L'assemblée générale de l'Association Maurice Audin s'est réunie le mardi 22 mai à l'Hôtel de ville de Paris.

Elle était suivie d'une Table ronde organisée par Gilles Manceron
  • Sylvie Thénault : Armée et pouvoirs spéciaux à Alger, 1957.
  • Fabrice Riceputi : Les enlèvements suivis de disparition durant la " Bataille d'Alger ".
  • Pierre-Jean Le Foll-Luciani : La répression contre les communistes en Algérie de 1955 à 1957.
Retrouvez les vidéos des interventions ici et ici


Déclaration de l'Association Maurice Audin

Le 21 mars 2018, l'Association Maurice Audin a publié une déclaration à lire ici.

Intervention de Cédric Villani

L'action de l'association Maurice Audin pour la reconnaissance de la part de l'État français dans la mort de Maurice Audin est relancée par l'intervention de Cédric Villani dans les médias. Voici quelques commentaires récents :

Maurice Audin sur Wikipedia


Exposition sur la guerre (octobre 2014)


Soirée en hommage à Maurice Audin au Louvre Lens.



Un nouveau témoignage sur l'affaire Audin


L'affaire Maurice Audin alimente la chronique historico-politique depuis cinquante-sept ans. Le 11 juin 1957, Maurice Audin, professeur de mathématiques à la faculté d'Alger et militant communiste de l'indépendance algérienne, soupçonné d'héberger des membres actifs du PCA (parti communiste algérien) est arrêté, chez lui, sur dénonciation par les parachutistes. (Ce jeune père de trois enfants est né le 14 février 1932 à Béja (Tunisie) et mort à Alger en 1957). Dans la nuit-même, il est emmené dans une villa à El Biar, sur les hauteurs d'Alger pour y être interrogé. Il ne donnera plus signe de vie. Un rapport émanant de la 10ème région militaire, 10ème division parachutiste, 1 RCP (référence : N. de S. n 636/col) du colonel commandant le secteur Alger-Sahel en date du 24/6/57 fait part de l'évasion de Maurice Audin, détenu au centre de triage d'El Biar, (qui) devait subir un interrogatoire par la P.J., le 22 juin 1957, au matin. C'est le début d'une terrible galère pour Josette, sa femme, qui remuera ciel et terre, en vain, pour retrouver la trace de son époux. En France, l'affaire fait grand bruit et devient, après 1962, la preuve de la pratique de la torture en Algérie. Plusieurs personnalités soutiennent la thèse selon laquelle Maurice Audin aurait été tué par ses tortionnaires. Maurice Audin est devenu le symbole de la répression et de la torture en Algérie grâce au livre La question, d'Henri Alleg (militant communiste, ancien directeur d'Alger Républicain) et L'affaire Audin, de Vidal Naquet (historien, militant communiste pour l'indépendance de l'Algérie). La grande muette (l'armée) maintiendra pendant plus de cinquante ans la version de l'évasion. Dans La Vérité sur la mort de Maurice Audin, édition Equateurs, 2014, l'auteur, Jean-Charles Deniau, réalisateur de documents historiques et journaliste d'investigation, retrace les derniers moments du jeune mathématicien. Se basant sur le témoignage du général Paul Aussaresses avant sa mort, il explique que c'est le général Massu qui a donné à ses hommes l'ordre d'exécuter Maurice Audin. Il a été décidé d'en faire un exemple. L'ordre est alors donné par Massu à Aussaresses dont les sbires vont emmener Audin de nuit dans les faubourgs d'Alger pour l'exécuter à l'arme blanche et l'enterrer dans une fosse dans un endroit que l'on ne connaît pas avec exactitude. Selon les dires d'Aussaresses, le corps de Maurice Audin se trouve dans une zone qui se situerait entre Zeralda et Koléa.
Voilà des renseignements que l'on peut aisément avoir en consultant les journaux de l'époque ou en cliquant sur internet. Mais la vérité, la vraie, que recherche Mme Josette Audin se trouve ailleurs, loin des documents officiels et des aveux faussement amnésiques de criminels, au soir de leur vie.
Abraz Mustapha, dit Moh Djebbour, aujourd'hui septuagénaire, retraité de la Sonacome et résidant à Ain Taya, nous raconte, par l'intermédiaire de son neveu Oumaza Brahim, une histoire troublante de similitudes. Mon oncle maternel Mustapha était, à l'époque, un jeune adolescent. Il gardait une vache dans le cimetière de Ben Salah (à trois kilomètres d'Oued Alleug, dans les environs de Koléa). L'histoire commence comme un conte. A Oued Alleug, le lieutenant Argentin Lagaillard est tristement célèbre : les prisonniers questionnés par ses soins finissent tous dans le cimetière de Ben Salah. On creuse à peine le sol, on y met le corps et on le recouvre sommairement de terre. Abraz Mustapha, habitant à El Matmar, un quartier de résistants, entouré de fil de fer, connaissait tout le monde. Après le départ des militaires, il déterre, sans peine, le corps pour l'identifier, et renseigne les parents du mort pour qu'ils puissent l'inhumer dignement. C'est sa façon à lui, jeune adolescent, d'aider la révolution. Un soir de l'été 1957, c'était la fin du mois de juin, Mustapha voit une jeep 4X4 avec six parachutistes à bord s'arrêter non loin de sa vache et lui, jeter un corps dans une fosse qui existait déjà et le recouvrir de terre. Après leur départ, il s'approche de la tombe et découvre le visage du mort. C'était un Européen habillé d'une veste légère, témoigne-t-il. C'est comme du daim, ajoute-t-il, impressionné par la qualité du tissu.: quand il a été arrêté, il avait une veste claire et légère ; on était au mois de juin. Oumaza Brahim, le neveu, qui représente un peu la mémoire collective de la région, a délimité l'endroit désigné par son oncle maternel avec deux pierres blanches (voir photo). Cet espace semble vide. Les alentours sont pleins de tombes. On a dû et trouver des ossements, ce qui explique que personne n'a creusé de tombe à cet endroit ! argumente Brahim. Ce dernier a contacté Josette Audin et Gérard Tronel, président de l'association Maurice Audin. A la question pourquoi avoir attendu cinquante-sept ans pour en parler, Mustapha Abraz explique, selon son neveu, que c'est en regardant une vidéo sur les aveux d'Aussaresses, en entendant ce dernier situer l'endroit dans la région de Koléa et en remarquant que les dates coïncidaient que le souvenir lui était revenu en mémoire. Je n'ai jamais oublié cette scène, parce que, pour moi, adolescent, les Français ne se tuaient pas entre eux !
Josette Audin qui a cherché, pendant plus d'un demi-siècle, la tombe de son mari, a, aujourd'hui, avec ce témoignage, un élément sérieux, un bout d'indice, pour pouvoir aboutir. L'association Maurice Audin qui semble, d'après ses e-mails, s'intéresser plus à la possibilité d'existence d'autres Français torturés et enterrés par les militaires, peut, maintenant, faire avancer les choses. Du côté algérien et du côté français, il y a tout un travail de fouilles et de tests ADN à faire pour qu'enfin, Maurice Audin puisse reposer dans une tombe décente.


Chekhmann Mahfoud

Abraz Mustapha  Tombe de Maurice Audin ?   Article